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vendredi 13 janvier 2012

The end/album The Doors

Cette oeuvre phénoménale mélange de sons enchanteurs,images glaçantes et furie oedipale,commença sous une forme bien moins imposante : l'au revoir d'un amoureux chanté sur fond d'accords à la beauté hypnotique.Mais Ray,Robby et John avaient un talent pour l'improvisation libre et,pendant les longues soirées au Whisky a Go Go de l'été 1966, 'The end' est devenue une des chansons qu'ils développaient dans toutes sortes de directions musicales.

Tout le monde au Sunset Strip commençait a avoir entendu parler des spectacles libérés et incroyablement intéressants des Doors au Whisky et ce sont ces rumeurs,ajoutées aux invitations du responsable des spectacles du Whisky,Ronnie Haran,qui ont persuadé Jac Holzman,d'Elektra,de venir écouter le groupe.Il n'a pas été séduit immédiatement.
"Au début je ne les aimais pas"expliqua t-il plus tard" Mais j'étais attiré.J'y suis retourné quatre soirs de suite et puis le leur ai parlé et je leur ai dit que je voulais les enregistrer."
Avant de finaliser le contrat,Holzman a demandé au producteur en chef d'Elektra,Paul Rothchild, de venir voir un spectacle au Whisky.Rothchild a relaté son expérience a Blair Jackson pour le magazine BAM"Je me suis dit 'ces types sont nuls'.Le soir ou je les ai vus,c'était un concert vraiment nul.Mais bien qu'ils étaient mauvais,je voyais bien qu'ils étaient différents de tout ce que j'avais entendu avant.Ils étaient totalement uniques.En général,cela signifie que l'artiste est vraiment mauvais ou au bord du génie.J'étais intrigué,alors j'ai décidé de rester pour un second concert.Et bien ils étaient encore un peu crus mais ils étaient formidables.J'ai entendu 'The end,Light my fire,Twentieth century fox,Break on through et quelques autres et j'étais convaincu."
Un contrat a vite été rédigé.Et deux jours aprés la signature du contrat avec Elektra,les Doors donnaient un autre concert au Whisky:le premier grand concert du groupe sous un nouveau label.Morrison n'arrivait pas.Manzarek et Densmore ont paniqué et sont partis pour la résidence de Morrison, le Motel Alta Cienega,un asile de nuit sur le boulevard La Cienega.
Au début ils pensaient que Morrison n'etait pas dans sa chambre mais ils ont entendu du bruit et ils lui ont ordonné d'ouvrir la porte.On dit que Jim est venu a la porte et a accueilli ses amis avec trois mots:"Ten thousand mikes" qui voulait dire qu'il avait pris dix mille microgrammes de LSD,environ 4O fois la dose moyenne.Manzarek et Densmore ont aidé leur chanteur a s'habiller,ce qui n'était pas si facile que ça.Il chantait et il marmonnait et il pouvait à peine communiquer.Enfin,ils ont reussi a le trainer dans la voiture et ils sont repartis au Whisky.Ce soir là,Morrison a eu du mal a donner le concert mais quand le groupe a entamer 'The end',Morrison s'est trouvé tout a coup complétement en harmonie avec la musique et il a commencé a donner une des interprétations les plus fascinantes de sa carriére.
Quand il est arrivé a la section du milieu,Morrison a déclamé pour la premiére fois le drame oedipal concis et effrayant qui allait devenir le sceau de cette chanson.Le public du Whisky,presque silencieux,avait les yeux rivés sur la scéne alors que  Morrison entamait son crescendo.
Paul Body,avide fan de rock,venait juste de sortir du lycée.Il avait écouté les Doors au Whisky tout l'été et il était la ce soir la."Quand Morrison a dit 'Pére?Oui,fils.Je veux te tuer.Mére?Je veux te...baiser!',mon copain et moi,on s'est regardé et on s'est demandé 'tu as entendu la même chose que moi?".Body se souvient que le public ne savait pas quoi penser."Beaucoup de gens n'arrivaient pas a croire qu'il l'avait vraiment dit et d'autres essayaient de faire comme s'il n'y avait rien de special.Les teenyboppers avaient disparu.Dylan était au hit-parade et je pense que certains se disaient que l'étape suivante,logiquement,c'était'Mére,je veux te baiser.''
Elmer Valentine,le propriétaire du Whisky,n'était pas sensible à cette sorte de logique et se depecha de renvoyer les Doors a la fin du concert.
Morrison avait créer la section oedipale de 'The end' sur scéne ce soir la mais on sait qu'il etait deja fasciné par le mythe d'Oedipe(qui ,sans le savoir,tua son pére,se maria avec sa mére puis se creva les yeux en expiation).Durant l'été 1965,Judy Raphael faisait des études de cinéma à UCLA et connaissait Ray Manzarek.Un soir elle essayait de finir une dissertation quand Ray,Jim et John Debella,un ami d'UCLA,sont venus la voir.
"Ils avaient tous bu au Lucky U et Jim s'était shooté avec le médicament asthmatique de quelqu'un.Le sujet de ma dissertation,c'était l'histoire des films documentaires et Jim n'arrêtait pas de dire 'Je pense que ca devrait être sur Oedipe...tuer le pére,baiser la mére'.Il a continué comme ça jusqu'a ce que je les force a l'emmener.Je n'ai pas fini la dissertation et il a fallu que je redouble l'année."
Apres le spectacle du Whisky,les Doors ont continuer a jouer 'The end' avec la section oedipale et au moment de l'enregistrement de la chanson pour le premier album,elle avait conservée toute sa capacité a choquer et transporter ceux qui l'entendaient.
Mais Morrison qui état arrivé aux premiéres séances d'enregistrement de 'The end' bourré d'un mélange déconcertant de LSD et d'alcool,ne pouvait pas se concentrer suffisament pour chanter les paroles correctement.
"On ne pouvait pas y arriver"expliqua Rothchild a Crawdaddy en 1967"Jim n'y arrivait pas.Il voulait désespérement y arriver.Tout son corps criait 'Tuer le pére,baiser la mére!'.Affectivement il était trés remué."
Mais le jour suivant Morrison était en pleine forme"On a mis presque un jour entier a installer le studio" disait Rothchild a BAM en 1981"Parce que c'était un morceau trés complexe a enregistrer,quand on a enfin reussi a commencer,c'était le truc le plus impressionnant que j'ai jamais vu dans un studio.C'est rester un des plus grand moments musicaux de ma vie.La bande tournait depuis six minutes et quand je me suis tourné vers Bruce(Botnick)et je lui ai dit"tu comprends ce qui se passe ici?C'est un des moments les plus importants dans l'histoire du Rock'n'Roll enregistré'.Quand ils ont fini,j'avais la chair de poule de la tête aux pieds.C'était magique.Je suis allé dans le studio et je le leur ai dit et puis je leur ai demandé de le refaire,pour être sûr.Ils ont recommencer et c'était tout aussi superbe.Apres Ray m'a dit 'je ne crois pas qu'on peut faire mieux'.Je lui ai répondu 'pas besoin,avec ses deux prises on a un des meilleurs masters de toute ma carriere'.En fin de compte on a utilisé le début de la premiére prise et la fin de la seconde".
L'enregistrement de 'The end' était un triomphe mais c'était aussi une expérience affective difficile pour Morrison.Aprés ces séances pour des raisons inconnues,il est revenu aux Sunset Sound Recording Studio pendant la nuit et il a arrosé le studio ou ils avaient enregistrer avec un extincteur.
Billy James se trouvait dans le groupe qui a découvert l'état des lieux le matin suivant"C'était vraiment déconcertant.Il était facile de voir ce qui s'était passé et c'était triste.Mais ça ne m'a pas surpris de voir ce côté de Jim...Je ne savais jamais exactement a quoi m'attendre avec lui,mais ses extrémes ne me surprenaient jamais".
Bien des phrases et images de 'The end' sont restées tout aussi énigmatiques que Morrison les a chantées la premiére fois mais Harvey Kubernik,natif de Los Angeles,poéte,journaliste et producteur de disques peut éclairer un aspect du puzzle.Kubernick était un adolescent mordu des Doors au moment ou leur premier album est sorti et par la suite il a donné des conférences sur la poésie de Jim Morrison et il a souvent collaboré avec Ray Manzarek sur plusieurs projets de disques depuis 2o ans.Kubernick ne sais pas ou se trouve le "ancient lake"(lac ancien) mais il peut expliquer le "blue bus"(bus bleu)."A cette époque on avait tous un sentiment de fierté régionale quand on entendait Jim Morrison dire "Meet me at the back of the blue bus"(rendez-vous au fond du bus bleu).On savait que le bus bleu c'était celui qui descendait Pico Boulevard,le bus qui nous emmenait à la plage pour pas cherJe crois que c'était le numéro 7.On était des jeunes fans de la musique des Doors et on ne parlait pas beaucoup de Freud ou d'Oedipe mais quand Jim parlait du bus bleu ça nous plaisait beaucoup."










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