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vendredi 10 février 2012

When the music's over/album Strange days

Sur le premier album Jim Morrison avait parlé de prendre la route jusqu'au bout de la nuit et déclaré solennellement"c'est la fin".Sur Strange days il chante une fin encore plus décourageante-ce moment où la musique s'arrête et qu'il ne reste plus qu'a éteindre les lumiéres.Comme 'the end' 'when the music's over' est l'une des chansons sur lesquels les Doors ont bâti leur réputation de groupe 'live'.Un élément important de la chanson surgit au cours d'un des voyages du groupe a New-york.En passant en voiture sur Times Square,Jim remarqua une affiche d'un théâtre annonçant un spectacle:The scream of the butterfly(le cri du papillon).Si Jim pouvait emprunter aux légendes celtiques,a la mythologie grecque et a l'existentialisme français,pourquoi pas aussi a la pornographie de Times Square?

Le morceau se transforma pour Jim en un tour de force poétique.Ses mots tour a tour apaisant et attisants,prennent tout a la fois figure d'avertissement plaintif,d'âpre accusation et d'éclatante célébration.La poétesse Linda Albertano,qui entendit le morceau chez Gazzari,fut touchée par la force des paroles de Jim."De nos jours les spectacles de mots sont réservés au café-théatre,alors qu'a l'époque Jim était en train de créer la poésie du peuple,non seulement dans ses propres poémes mais surtout dans ses chansons.Jim ne s'amusait pas a faire de la poésie;il la vivait.Ce qui ressortait toujours c'était l'immediateté du message et l'amour de la langue."
Le groupe prévoyait pour 'When the music's over' le rôle de pilier musical de Strange days et pensait l'enregistrer grâce à la technique utilisée avec succés pour 'the end'.Mais le soir où le titre devait être enregistré a Sunset Sound,tout le monde attendait Jim qui ne vint pas.Pour la plupart des chansons il aurait été facile d'enregistrer séparément les arrangements musicaux et d'ajouter les paroles par la suite,mais sur un morceau ou les paroles comptaient tellement et ou l'intéractivité jouait un rôle majeur,ça s'annoncait difficile.Ray ,Robby et John décidérent d'enregistrer leur partie en se basant sur leurs nombreux concerts live.Le lendemain,Jim fit son apparition et enregistra les paroles.
Par miracle a travers l'enregistrement l'alchimie live du groupe renâit.Densmore avait deviné les endroits ou il devait accentuer les percussions et il parvint a rester pratiquement en synchro avec Morrison,tandis que le Butterfly scream de Robby était impeccable.Le plus grand moment de la chanson se trouve dans la section du milieu alors que Jim déclare qu'avec son public ils veulent "le bout du monde" et qu'ils le veulent maintenant.Il murmure d'abord "Now",puis-éclair de génie- il pose la question en la faisant suivre d'une pause angoissante juste assez longue pour laisser entrevoir l'affreuse éventualité que représenterait le fait d'obtenir ce qu'on a demandé-puis vient l'apotheose,hurlée:"Now!".Les Doors venaient de donner a la postérité une épopée héroique de plus a vous faire tourner la tête...
Certains pensent que cette chanson était la premiere déclaration ouvertement politique de Jim mais celui-ci continuait a se soucier plus de l'âme et du monde spirituel que de la situation politique."A l'époque on pouvait reconnaitre une chanson des Doors dés les premieres notes"déclare Patricia Kennealy Morrison"Personne n'avait le même son qu'eux et personne ne l'a jamais obtenu.C'est pour ça que leur truc marche encore.Ils n'étaient pas seulement en avance par rapport a leur époque,ils étaient carrément en dehors de leur époque...Jim n'était pas aussi engagé politiquement que d'autres chanteurs qui appelaient explicitement a la révolution.Je crois que les Doors aspiraient a quelque chose de plus grand,une révolution plus complexe...Ils pensaient vraiment que le rock pouvait être un rituel chamanique-et qu'ils pouvaient explorer cette relation entre les gens et le pouvoir.Certains pensaient que c'était de la blague et ceux la le pensent toujours,mais eux y croyaient."


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