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jeudi 28 mars 2013

The soft parade,album The soft parade

En 1969 Ray manzareck confiait a un interviewer"On ne cherche pas nos morceaux longs,ils sortent tout seuls.Si une chanson a besoin de six,huit,dix minutes,on les lui donne."
Il a fallu donner huit minutes et quarantes secondes a la chanson-titre du quatrieme album du groupe mais c'était un 'morceau long' complétement différent des épopées précédentes comme 'The end' ou 'When the music's over'.Le titre de ce long poéme musical,'The soft parade' venait de l'expression que Jim utilisait pour décrire le flot d'humanité varié et souvent trés bizarre qui passait,jour et nuit,sur le Sunset boulevard.Au lieu de se développer a partir d'un long boeuf improvisé comme les autres,ce morceau était plutôt une collection de parties et sections bien distinctes.
Paul Rothchild a expliqué par la suite que "l'idée n'était pas d'en faire une seule chanson.Quand on s'embourbait dans le studio avec un pont,je demandais à Jim de sortir ses carnets de poésie et on les feuilletait pour trouver un poéme qui s'intégrait bien au plan du rythme et du concept.Beaucoup de fragments sont simplement des morceaux de poésie qu'on a collés ensemble.Le résultat est assez intéressant,je crois."
Elle commence avec Jim,sous les traits d'un prêcheur tout feu et soufre qui parle de ses années au séminaire,oui il avait appris qu'on "ne peut pas adresser une requête a Dieu par la priére".Une musique trés délicate entre en scéne et Jim commence a demander sanctuaire et asile.Arrive ensuite une section de rythme dansant insistant avec,par dessus,des images dingues("peppermint miniskirts"(minijupes menthe)et une section jazz avec un rythme qui rappelle un peu une berceuse(avec l'image de femmes "carrying babies to the river"(portant des bébés a la riviere),sans doute pour un bain mais peut-être pour quelque chose de plus sinistre).Ensuite le moine s'offre un déjeuner et comme le dit Morrison,"the best part of the trip"(le meilleur moment du voyage)débute.
La derniére section de 'The soft parade' est l'un des morceaux de musique les plus grisants et l'un des plu fascinants de la discographie des Doors.Paul rothchild avait commencé a expérimenter sur le premier album en mettant la voix de Jim Morrison sur deux pistes.Ici il va plus loin avec des Morrisons multipliés qui explosent dans toutes les directions.Les voix de Morrison,qui décrivent la "soft parade"en masse et qui se transforment progressivement en un bouillonnement pendant les sections du "Tropic corridor"avant d'exploser en une frénésie chauffée a  blanc tout en"calling on the dogs"(appelant les chiens) sont extraordinaires.
Pendant toute la chanson le groupe  ne lâche pas Jim.Robby krieger a expliqué durant une interview donnée pendant les séances que "Jim a tant d'énergie qu'on dirait qu'il ne peut pas y arriver seul.On utilise notre structure musicale pour soutenir les paroles de Jim.Il y a des gens qui vont jusqu'au bord de l'abîme...et Jim s'aventure dans des territoires inconnus.On garde ses explorations du chaos intactes en faisant coller ses mots aux accords et aux rythmes.'The soft parade' est une autre chanson des Doors dans laquelle figurent des chevaux(et encore une fois leur sort n'est pas trés gai):le morceau se termine sur une phrase de Jim qui menace de fouetter les yeux des chevaux si rien d'autre ne reussit.

mercredi 20 mars 2013

Wishful sinful,album The soft parade

Avec la sortie de The soft parade,on savait quel membre des Doors écrivait telle ou telle chanson.Les idées de Robby Krieger ont souvent été cruellement comparées a celles de Jim Morrison.
En général,la musique de Krieger était plus douce et plus commerciale que celle de Jim,mais comme le prouvait 'Wishful sinful',Krieger pouvait aussi être brillant.Cette superbe chanson,qui pourrait presque faire pendant à 'Crystal ship',est une chanson d'amour romantique mais elle contient également des aspects sombres trés Morrisoniens.C'est en outre l'une des rares chansons de The soft parade pour laquelle les arrangements orchestraux semblent totalement appropriés.
Ce sont les compositions touchantes de Robby qui plaisaient particuliérement aux plus jeunes fans des Doors.L'un d'entre eux etait le bassiste/pianiste Arthur Barrow,que l'on connait mieux pour sa participation aux groupes de Frank Zappa.
Quand The soft parade est sorti,Barrow était adolescent et vivait au Texas.Il étudiait la musique et il essayait souvent de jouer des reprises convaincantes des chansons des Doors avec ses groupes amateurs.Il raconte en riant :"Je me souviens d'avoir essayé de jouer 'When the music's over" a un bal militaire à San antonio.Ca ne s'est pas tres bien passé.Barrow allait plus tard travailler avec les Doors quand il vint vivre a Los angeles.Son premier contrat de musicien de studio professionnel était du synthétiseur pour les séances de American prayer.Barrow explique qu'au Texas,'Wishful sinful' lui avait beaucoup appris en tant que jeune musicien.
"J'ai entendu des gens dire 'La musique vient uniquement de Jim,les Doors,c'etait rien du tout.'Je ne suis absolument pas d'accord avec ça.Tous les membres du groupe étaient essentiels.Dans The soft parade,une chanson comme 'Shaman's blues",c'est ok,mais musicalement c'est du blues et c'est assez simple.
Ce qui m'attirait,c'était les chansons les plus intéressantes au plan musical,comme 'Wishful sinful': une chanson superbe avec une evolution d'accords superbe.J'adorais la voix et la présence de Jim,mais quand j'etais un môme en train d'apprendre a jouer de la guitare,les trucs comme 'Wishful sinful',ça me laissait baba.C'etait plein d'accords nouveaux que mon cerveau d'adolescent n'aurait même pas pu imaginer.J'etais vraiment accroché par les Doors musicalement,et les compositions de Robby etaient aussi importantes pour moi que l'aura de Jim Morrison."
'Wishful sinful' est sorti en fevrier 1969.C'etait le second 45 tours a être publié avant The soft parade.Sur la face B il y avait un morceau de Morrison avec beaucoup de trompettes ,'Who scared you'.Cette chanson n'est pas dans The soft parade mais elle est sortie sur la compilation de 1972,Weird scenes inside the goldmine.



jeudi 14 mars 2013

Runnin' blue,album The soft parade

C'etait deja beaucoup demander aux fans des Doors que de s'habituer a ecouter leur groupe de rock favori chanter sur fond de trompettes royales et de sanglots de violons,mais quelque chose d'encore plus bizarre les attendait : un hommage parfumé  au bluegrass à Otis Redding,chanteur de soul.
Otis Redding,qui mélangeait l'abandon de Little Richard et les paroles chaudes de Sam Cooke,était devenu le représentant le plus émouvant du style Memphis.Au début des années soixante quand il travaillait au studio Stax avec Booker T et les MG comme groupe d'accompagnement,Redding avait créé des chefs-doeuvre du soul comme 'Mr Pitiful','Pain in my heart' et 'That's how strong my love is'.
En 1965,'Respect' démontrait que Redding était devenu un artiste a part entiére.Cette chanson lui fit également connaître un succés commercial sans précédent.Elle allait devenir un nouveau hit quand Aretha Franklin en publia une reprise.Redding était une star dans les hit parades de musique noire et petit a petit il gagnait le respect du public blanc.Les Rolling Stones avaient inclu des reprises de ses chansons dans leurs disques et il avait retourné le compliment avec une version brûlante de 'Satisfaction'.Au festival pop de Monterey en juin 1967,Jimi Hendrix faisait son début américain et avait fait les grands titres quand il avait mis le feu a sa guitare.Mais c'était le concert galvanisant de Redding qui avait été le point fort de ce festival de trois jours.
Vers la fin de l'année,Redding avait commencé a écrire des paroles plus introspectives.Il avait maitrisé les grooves du soul et du Rythm& Blues et il voulait faire prendre une nouvelle direction a sa musique.Le 7 décembre 1967,il entra dans les studios Stax/Volt pour enregistrer le type de chanson qu'il recherchait: 'Sitting on the dock of the bay'.Tragiquement,trois jours plus tard,en route pour un concert,son avion privé s'écrasa et Otis disparut.En mars 1968,'Sitting on the dock of the bay' était le disque numéro 1 dans les hit parades de pop américains.
Les Doors avaient voulu participer au festival de Monterey mais au moment de son organisation 'Light my fire"n'était pas encore devenu un grand succés et au niveau national les Doors n'étaient qu'un autre groupe de L.A(Morrison pensait que les organisateurs du festival avaient ignoré les Doors a cause d'une rivalité entre le monde musical de L.A et celui de San Franscico).Alors qu'Otis Redding séduisait un public de 50000 hippies blancs a Monterey,les Doors faisaient leur troisieme voyage a New york et attiraient des foules énormes au club de Steve Paul,The scene,ou ils rencontrerent Andy Warhol et les branchés de sa Factory.
Au moment de l'assemblage de The soft parade,Robby pensait qu'Otis méritait un hommage lyrique,qui prit forme avec Runnin' blue.La chanson démarre avec Jim qui chante en solo 'Poor Otis dead and gone'sur une cadence de marche militaire,puis la chanson a proprement parler commence,avec des trompettes tres en evidence.Robby expore le type de repos et de réconfort que Redding décrit dans 'Dock of the bay' et le "dock" devient n'importe quel endroit ou on peut trouver la paix,même Los Angeles.Cette chanson souffre peut-être d'un excés d'ambition: au lieu d'être un simple hommage soul(qui était sans doute l'intention),la chanson est un pastiche bancal de plusieurs sections rock et soul combinées avec un bridge jazz et des refrains country-bluegrass(chantés par Krieger lui-même dans un style nasillard qui rappelle un peu Dylan).
"On faisait notre Sgt Pepper"explique John Densmore dans une interview de 1972."Juste pour montrer a quel point les choses etaient devenues ridicules,on a importé Jesse McReynolds et Jimmy Buchanan,un joueur de mandoline et un violoneux, de Caroline du nord,pour jouer un solo dans une chanson."

jeudi 7 mars 2013

Wild child,album The soft parade

Les fans qui ont écouté 'Tell all the people' et 'Touch me' et qui ont rejeté The soft parade sans retourner le disque et sans jouer la deuxieme face ont raté d'excellents moments des Doors.
'Wild child' entamait la deuxieme face avec un blues féroce tout a fait du style des Doors et des paroles de Morrison chauffées a blanc...Cette chanson qui était sortie en face B de 'Touch me' en decembre 1968,avait tous les éléments familiers des Doors:un lick de guitare brûlant,une partition d'orgue gonflée a bloc,un rythme souple a la batterie plus des paroles sombres,mysterieuses et évocatrices.C'était une des rares chansons de The soft parade qui avait été rodée sur scéne:elle se trouvait au programme du concert fou des Doors au New York Singer Bowl en août 1968,qui avait été gâché par des scénes de violence.
Quand il écrivit 'Wild child' Jim Morrison avait lu beaucoup de choses sur les cultures primitives et cette chanson est un peu un hommage a une créature non soumise aux contraintes de la civilisation.Le point culminant de la chanson ,qui est un des moments les plus superbes de l'album,arrive a la fin quand Morrison demande "You remember when we were in Africa?"(vous vous souvenez quand on était en Afrique).Au début on dirait une phrase bizarre et dénuée de sens,un exemple du dadaisme de Jim.Mais c'est une référence voilée a un auteur qui a enormément influencé Morrison:Arthur Rimbaud.
Rimbaud,poéte français,a vécu de 1854 a 1891.Son pére était militaire et a abandonné sa famille quand Rimbaud avait sept ans.A l'âge de 16 ans,Rimbaud a commencé à écrire et ses oeuvres s'intéressaient au thémes de l'exploration et de la découverte,du monde comme de l'âme.Il est frappant de constater qu'il a crée la totalité de son oeuvre littéraire entre 16 et 20 ans,avant de vivre les types d'exploration qu'il avait imaginés.A une époque ou les voyages internationaux étaient difficiles et dangereux,Rimbaud sillona l'Europe,l'Asie et l'Afrique en travaillant comme négociant et marchand d 'armes.
La poésie de Rimbaud et sa vie fascinaient Jim et il était particulierement intéressé par le fait que Rimbaud avait écrit des poémes profonds,drôles,beaux et effrayants avant de tourner le dos a la vie d'artiste pour aller se perdre dans des lieux exotiques et faire un sale boulot.Jim plaisantait souvent avec le groupe en disant qu'un jour il pourrait bien lui aussi s'enfuir en Afrique et disparaitre.
En 1968,Jim envoya une note à l'un des plus grands spécialistes de la poésie de Rimbaud,le Professeur Wallace Fowlie,de l'Université de Duke,qui avait publié un recueuil de traductions des poémes de Rimbaud en 1966 avec en couverture un portrait au fusain du poéte par Picasso.Jim Morrison avait écrit ceci: "Cher Wallace Fowlie.Je voulais vous remercier d'avoir traduit Rimbaud.J'en avais besoin parce que je ne comprends pas bien le français...Je suis un chanteur de rock et votre livre est toujours a mes côtés.Jim Morrison.PS:Le portrait de Rimbaud par Picasso sur la couverture est superbe."(Depuis Fowlie a exploré les rapports entre l'oeuvre de Rimbaud et celle de Morrison et a publié un ouvrage pénétrant en 1994:Rimbaud And Morrison: the Rebel As poet).
Pendant qu'ils enregistraient 'Wild child',les Doors travaillaient sur un documentaire sur le groupe,intitulé Feast of Friends,tourné par leur vieux copain d'UCLA,Paul Ferrara,avec Babe Hill qui s'occupait du son.Ce dernier est devenu un grand ami de Morrison et un de ses compagnons de beuverie les plus fidéles.La naissance de cette chanson aux studios Sunset Sound a donc été filmée pour ce projet."Allons-y"annonce Jim avant une des prises,"Mais avant de commencer il faut que je dise que l'archétype collectif me tape sur les nerfs.Voyez ce que je veux dire.Alors si quelqu'un connait une ile déserte disponible,faites le moi savoir".
Pendant le travail sur le morceau,John pense que le groupe joue trop fort et Robby veut trouver exactement le bon son de guitare.Ray remplit son rôle habituel de répétiteur et de facilitateur:quand Jim veut savoir quand il doit commencer a chanter,Ray lui explique"Robby joue deux mesures,John en joue une,Doug(Lubahn)en joue une,moi deux et puis c'est ton tour".C'est exactement ce qui se passe sur le disque.
A la fin de la chanson,tout le monde n'est pas d'accord.John pense que la phrase d'Afrique est "une fin vraiment stupide".Mais pendant une répétition Jim la hurle comme un fou..Paul Rothchild lance un avertissement depuis la cabine"Retiens-toi,Jim on a pas encore fini".
Jim trouve que "Retiens-toi"est trés drôle.Il sourit et demande"Pourquoi pas?"


vendredi 1 mars 2013

Easy ride,album The soft parade

Jim Morrison espérait que 'Easy ride' sortirait sur un single,peut-être comme riposte aux pessimistes qui déclaraient la fin de la validité artistique et de la rentabilité commerciale des Doors.Dans cette chanson,Morrison annonçait avec une certitude souriante que devant lui,il ne voyait pas de nuages noirs mais un "easy ride"(voyage facile).
La chanson est effectivement sortie avant l'album mais sur la face B de 'Tell all the people' de Robby Krieger.Tout le monde parlaient des cordes et trompettes ajoutées a la musique des Doors,mais ce que les gens oubliaient,c'est que Jim était encore capable de pousser le groupe dans de nouvelles directions musicales.
Au plan lyrique,cette chanson est une suite optimiste et plus calme de 'Break on through':Jim proclame que tout ira bien une fois qu'ils auront dépassé les poses et façades acceptées par la société.Le vrai bonheur,le vrai plaisir,un "easier ride"(voyage plus facile)sont a notre portée quand les masques et costumes exigés par la société tombent enfin.Bien entendu c'était Jim qui chantait et 'Easy ride' ne pouvait pas s'empêcher d'avoir également une connotation plus sexuelle,surtout quand Jim hurle en demandant une femme vers la fin de la chanson.
A l'époque,cette chanson était une des meilleures de l'album,ce qui est toujours le cas.C'est surtout parce que c'est l'une des rares qui semble naturelle dans la bouche de Jim et que le groupe s'éclate ,tout simplement.Les paroles ne sont pas de la guimauve "Rage in darkness by my side(la furie dans l'obscurité a mes côtés)ne suggére pas exactement l'insouciance,mais l'esprit de la musique et les paroles évoquent le type d'exaltation que le groupe devait ressentir quand ils reprenaient des morceaux de blues au tout début.Le sens de l'humour de Jim se manifestait souvent dans sa musique de maniére malicieuse mais 'Easy ride' partage cet humour avec le public.
"Jim était extremement drôle"explique Bill Siddons."Quelquefois c'était un sens de l'humour génial et quelquefois il faisait vraiment le con mais il était toujours convaincant,intelligent,cultivé,chaleureux,généreux et incroyablement drôle.Il aimait jouer et faire le pitre,il était toutes sortes de personnes.En fait je me souv qu'un jour apre vaoir bu quelque chose de particulierement fort,il et rentré ds le studio et il a dit,l'air vraimnt ravi,'je me sens un petit peu schizophrénique aujourd'hui"."