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jeudi 29 août 2013

The WASP(texas radio & the big beat),album L.A woman

'Texas radio & the big beat' fut l'un des premiers poémes de Morrison a devenir une oeuvre des Doors.Ce poéme apparaissait dans le premier livre d'or des tournées des Doors compilé en 1968:pendant les concerts ,il était souvent utilisé comme intro parlée avant le début d'une chanson(souvent,il débouchait sur 'Love me two times').
Dans L.A woman ce poéme a été allongé et la musique d'accompagnement a été développée pour créer une ambiance émouvante et pleine d'atmosphére autour du mystérieux rythme texan.
Cette chanson-poéme venait de puissants souvenirs d'enfance de Jim:les sons qu'il entendait a la radio quand il était petit.Alors que son pére était muté et que la famille déménageait de la Floride a la Californie ou au Nouveau Mexique,l'un des éléments constants dans l'enfance de Jim était sa radio petites ondes ou il pouvait capter toutes sortes de stations.
Les puissants signaux du Mexique et du Texas s'entendaient jusqu'a Chicago et quand l'intensité du signal changeait,Jim captait des concerts de blues,des programmes de Rhythm ans blues,d'étranges chansons de rock,de la musique éthnique et bien d'autres sons exotiques qui ne passaient jamais sur les stations pop commerciales.
Ce bizarre et fascinant mélange de musique avait eu beaucoup plus d'effet sur Jim que toutes les stations Top 40,et 'The wasp' fut la transcription de ces expériences.
"Je me souviens d'être assise dans la salle extérieure et de l'écouter chanter 'The wasp' "explique Patricia Kennealy Morrison."C'était vraiment incroyable.J'avais vu beaucoup de groupes en studio mais ces séances étaient vraiment spéciales.Jim me disait qu'il savait toujours quand il écrivait quelque chose si ça allait être une chanson ou un poéme.Dés que l'inspiration lui venait il n'y avait aucun doute la dessus.Pour 'The wasp' je sais qu'il voulait que les mots et la musique aillent ensemble et c'est exactement ce qui est arrivé.C'était fascinant d'entendre une telle chose se produire ."
Des parties de 'The wasp' allaient réapparaitre dans la section 'Stoned immaculate" de An American Prayer.


mardi 27 août 2013

Hyacinth house,album L.A woman

Cette chanson ,caractérisée par une musique d'une beauté délicate,inhabituelle pour Ray et Robby,est une ballade au coeur triste.
L'expression 'Hyacinth house' vient peut-être de 'Hyatt House',le célébre hôtel du Sunset Boulevard  ou les groupes de rock'n'roll en tournée s'arrêtaient.Encore une fois,les paroles de Jim ont plusieurs niveaux et il est évident qu'il pensait aussi au mythe de Hyacinthe en écrivant 'Hyacinth house'.
Ce mythe est celui de la mort jeune et de la résurrection par la beauté.Hyacinthe était un beau jeune homme que chérissait Apollon,le Dieu de la lumiére,des prophéties,de la musique et de la poésie.Les deux amis prenaient part a une compétition amicale de lancer du disque quand Apollon,oublia sa force et lança le disque plus loin qu'il ne le voulait:il atteignit Hyacinthe en plein front.Le jeune homme,en sang,s'évanouit dans les bras du Dieu qui se mit a pleurer.Alors que Hyacinthe mourait,Apollon promit de le rendre immortel et sur le sol taché de sang poussa la fleur qui allait rendre le nom du jeune homme immortel.
Quand il écrit 'Hyacinth house',Jim Morrison n'était plus un 'beau jeune homme':c'était un homme lourd et mal tenu.Mais l'histoire de Hyacinthe,celle d'un esprit jeune coupé a la fleur de l'âge et dont on se souvient grâce a la beauté qu'il a créée,l'intéressait.Il pouvait chanter 'Hyacinth house' avec des accents de tristesse pour lui-même,pour les Doors et, a un niveau plus élevé,pour la nation.Le chanteur,le groupe et le pays n'étaient plus jeunes,innocents et beaux et ils seraient tous heureux d'avoir un "brand new friend"(ami tout neuf)qui ne demanderait rien en retour.
Dans une phrase bizarre de 'Hyacinth house' Jim annonce presque tristement que "the bathroom is clear"(la salle de bains est libre).Il se peut que cette phrase ait eu un sens caché pour Jim mais la salle de bains du Doors Workshop a effectivement joué un grand rôle dans l'enregistrement de L.A woman.
"Pendant ces séances,la salle de bains était notre chambre de résonance"déclare Bill Siddons "Donc c'était tout a fait normal de voir Jim chanter dans la salle de bains.Je me souviens aussi de voir Jim boire 36 biéres en une journée pendant les séances de L.A woman.C'était un nouveau record pour lui.Et évidemment,ce jour là la salle de bains était trés utilisée."


mercredi 21 août 2013

L'America,album L.A woman

Robby Krieger avec une note de guitare fondue et ruisselante(qui pourrait bien entamer une reprise de 'Wild thing' par les Doors)ouvre le morceau le plus bizarre de L.A woman,'L'America'.
Plutôt que de suivre une progression blues cette chanson est bâtie sur un riff de guitare,de basse irrégulier et tombant qui accompagne les paroles obsédantes et mélodieuses de Morrison.La chanson contient quelques morceaux de blues libre mais 'L'America' semble un peu déplacée dans 'L.A woman' comme si c'était une section manquante de 'The celebration of the lizard'.Cette chanson provenait des répétitions du groupe deux ans avant les séances de L.A woman et devait figurer sur la bande son d'un film de Michael Antonioni en 1969,Zabriskie Point.
Aprés avoir écrit et mis en scéne Blow up,son premier film en anglais,en 1966,Antonioni s'est retrouvé a la pointe de la mode branchée.Ce film était un étrange mélange de film d'art,de mystére policier et de revue de mode.Il a attiré un grand public,en partie parce qu'on y voyait des corps nus et parce qu'il permettait de découvrir les clubs les plus chauds de Londres(la musique des Yardbyrds figurait dans une scéne de club).
Dans Zabriskie Point,Antonioni a tourné ses regards vers l'Amérique et il a tenté d'explorer les marées d'évolution sociale a travers les errances quelquefois sans but d'un étudiant de Los Angeles.Cet étudiant échappe a des manifestations violentes,vole un avion et traverse une série d'épreuves au milieu de la Death valley.
La révolution,le déclin américain,les révélations du désert:les images de Zabriskie Point semblaient correspondre de maniére naturelle a la musique des Doors.Quand Antonioni dit qu'il serait prêt a utiliser une chanson des Doors sur la bande son,Morrison puisa dans des images qu'il avait rassemblées dans ses carnets et il composa 'L'America'.
Le titre était une abréviation de "Latin America"(Amérique Latine)et de L.A.La chanson décrit un étrange voyage au sud.Morrison parle d'étrangers sympathiques qui envahissent une ville ou on ne les considére pas du bon oeil,alors que 'the women loved their way'(les femmes adoraient leurs maniéres).Jim se laisse aussi aller a des jeux de mots adolescents en faisant rimer "change your luck"(change ta chance) avec "how to......find yourself"(comment...te trouver toi-même).
On trouve dans cette chanson un intéréssant mélange de menace et de libération mais ce n'étais pas ce que recherchait Antonioni.Aprés avoir écouté la chanson au Doors'Workshop' il refusa de l'utiliser dans Zabriskie Point.(Les Doors n'auraient pas gagné grand chose a s'associer au film:il n'a pas marché du tout et il a été démoli par les critiques.)
L'atmosphére de L'America est différente de celle de la majorité des autres chansons de L.A woman dont elle se dissocie aussi a un autre niveau.Alors que la plupart des autres morceaux ont été enregistrés live,souvent en quelques prises seulement,L'America a nécessité de longues séances d'enregistrement."J'avais horreur du studio,simplement parce que le rythme me rendait fou"explique Bill Siddons."Je me souviens d'être arrivé quand ils faisaient 'L'America' et ils en étaient a la prise 33 je crois.Je pense que ça a enlevé toute l'émotion de cette chanson."
Il se peut que cette chanson ait eu une signification particuliére pour les membres du groupe,qui se rendirent en Amérique Latine en juillet 1969.Les Doors devaient donner un concert dans la plus grande aréne de Mexico La Plaza Monumental,en juin,et le groupe attendait ce spectacle avec impatience:ce serait le premier concert de rock dans ce stade géant et ils voulaient réduire le prix des billets pour que les moins riches puissent eux aussi venir les voir.
Mais il se trouva que la date choisie pour le concert tombait le jour du premier anniversaire d'une rebéllion étudiante a Mexico et les officiels pensaient que le spectacle des Doors pourrait servir de poudriére a de nouvelles manifestations.Aprés bien des pourparlés sur les dates et les salles,les promoteurs mexicains qui s'occupaient du concert installérent les Doors au Forum Club,un club-restaurant élégant de 1000 places.
Avec des places chéres et un public sélect,le Forum Club était tout le contraire du type de salle que voulaient les Doors mais aprés Miami il n'étais pas facile de trouver des concerts et ils acceptérent de jouer là quatre soirs de suite.Le groupe fut trés apprécié et le public réagit avec enthousiasme quand Jim présenta les membres du groupe sous le nom de Ramon Manzarek,Roberto Krieger et Juan Densmore.


lundi 19 août 2013

L.A woman,album L.A woman

"L.A" est une abréviation trés couramment employée pour désigner Los Angeles mais l'ambiguité du titre "L.A woman" repose sur le fait que "L.A woman" peut aussi bien signifier  "Femme de Los Angeles" qu'assimiler la ville a une femme.Los Angeles est un paradis accueillant construit dans un désert qui ne pardonne pas :un lieu de rêves et d'espoirs mais aussi un noeud de cauchemars qui rongent l'âme.L.A semble promettre que tout peut arriver mais on ne sait pas si ça sera merveilleux ,ennuyeux ou fou.Il n'y a aucune garantie:l'inspiration ou la dépression peuvent soudain s'emparer d'un résident au même moment.
Aucun autre rocker n'a sans doute reussi a exprimer les contradictions provocantes de cette ville noyée de soleil et secouée par les tremblements de terre aussi bien que Jim Morrison.La musique qu'il a créer avec les Doors est remplie de la peur,de l'émerveillement,de l'exaltation et du poids curieux de la vie en Californie du sud.Il est logique que,pour son dernier album,la chanson la plus forte,celle qui sera jouée a fond dans les auto-radios aussi longtemps que les voitures et les autoradios existeront,soit un hymne accusateur a la ville natale adoptive de Morrison.Et 'L.A woman' est également un adieu musical qui vient du fond du coeur.
Cette chanson ne s'adresse pas vraiment a une personne mais a la cité elle-même et il s'agit du résumé un peu attristé que fait Morrison de cette ville tentaculaire qu'il a tant aimée.Les cheveux de la femme(les collines de la ville)brûlent.Dans les banlieues,il n'y a rien que du blues.Et les routes et allées ménent a la solitude.En quatre mots merveilleusement concis,Jim résume l'atmosphére secréte de L.A:motel,argent,meurtre,folie.
Ce n'était pas une perspective originale:des écrivains comme Raymond Chandler,James Cain et Nathaniel West avaient également décrit Los Angeles sous des trais noirs.Morrison a emprunté l'une des phrases principales de 'L.A woman'-'City of Night' au titre d'un roman de 1963 de John Rechy.Ce livre racontait les sinistres mésaventures de jeunes prostituées  homosexuels a Hollywood et pour les décrire Rechy utilisa l'expression 'lost angels'(des anges perdus),que Morrison adapta pour 'L.A woman'.
La section la plus captivante de la chanson est au milieu quand le tempo se ralentit et que Jim commence a chanter quelque chose sur "Mister Mojo Risin"(Monsieur Mojo se léve).Dans cette section les Doors sont a leur summum,chaque membre du groupe excelle dans l'accompagnement de Morrison. C'était l'idée de John Densmore d'accélerer le tempo lentement(pour symboliser le mojo levant de Jim)jusqu'a ce que la chanson reprenne son tempo original explosif avec un magnifique solo de Robby.
C'était un album de blues,et le groupe n'était pas surpris d'entendre Jim faire référence a son 'mojo'.C'est seulement aprés l'enregistrement que Jim expliqua aux autres que "Mr Mojo risin" était un anagramme de 'Jim Morrison'.Plus tard il dit en riant que si jamais il disparaissait en Afrique comme son héros Rimbaud,il utiliserait cette expression comme mot de passe s'il voulait contacter quelqu'un.
L'intention originelle de Morrison était peut-être de présenter dans cet album sa vision de son ancienne patrie,L.A et de sa nouvelle,Paris.Ses sentiments a l'égard de la premiére étaient clairs dans 'L.a woman'et ses idées de la seconde apparaissent dans une chanson nommée 'Paris blues',qui a été enregistrée pendant l'une des séances en studio mais qui n'est pas sorti sur l'album.'Paris blues' emploie également la convention littéraire de parler de la ville comme d'une femme et mentionne clairement l'impatience de Jim a "start my life all over again"(recommencer une vie).
Les Doors ont donné une image spécifique de la 'Femme de L.A':elle apparait sur la jaquette de l'album sous les traits d'une jeune femme crucifiée sur un poteau téléphonique.
Cette image a créé un intéressant écho dans la carriére des Doors:leurs visages occupaient la toute premiére affiche de rock'n'roll sur le Sunset Boulevard et cinq ans plus tard alors que le Sunset Boulevard était rempli de publicités pop grand format,l'image de L.A woman fut leur seconde et derniére affiche sur le strip.
Comme la fait remarquer John Densmore dans Riders on the storm,la premiére affiche était tournée vers l'est,vers le soleil levant et une nouvelle journée.L'affiche de L.A woman elle était tournée vers le soleil couchant.Malheureusement,l'époque des Doors avec Jim Morrison était arrivée a sa fin.


mercredi 14 août 2013

Cars hiss by my window,album L.A woman

On se souvient surtout des Doors comme un groupe au style bien particulier:il y a une certaine grandiloquence sombre dans la musique et une portée formidable des idées exprimées dans les paroles.On n'a pas souvent l'impression que les Doors sont le genre de groupe qui fait des jams dans un garage et pourtant c'est exactement le style de 'Cars hiss by my window'.
Deux guitares paresseuses,la basse floue de Jerry Scheff et le travail expert de John Densmore a la batterie forment un blues fiévreux a la Howlin' Wolf couronné par Morrison qui fait un amusant solo imitant une guitare blues.
La chaleur de la musique refléte l'amitié et l'unité que le groupe a reussi a retrouver pendant les séances d'enregistrement  de l'album.Le batteur Bruce Garry,qui est devenu membre du Knack puis a beaucoup travaillé avec Robby Krieger sur les projets de solo du guitariste,fut invité au 'Doors Workshop' quand 'Cars hiss by my window' a commencé a prendre forme.
"Je me souviens que j'ai écouté John,Ray et Robby jouer pendant un moment puis Jim est arrivé,gros et mal habillé,sans doute un peu ivre.Ils ont fait un jam sur du vieux blues,trés détendu,et c'était simplement fascinant de les voir travailler.Quand ils étaient tous les quatre absorbés par la musique,ils pouvaient encore faire quelque chose d'incroyable.Ils étaient toujours un groupe génial.Et j'étais vraiment content en repartant parce que John m'avait donné une paire de ses baguettes spéciales".
'Cars hiss by my window' a une atmosphére détendue et sympa mais les paroles sont pleines des terreurs nocturnes classiques de Morrison.Cette chanson est sans doute la lamentation post coitale sur disque qui vous donne le plus la chair de poule.Il y a une fille a côté de Jim mais elle est "out of reach"(hors d'atteinte).
L'amour a disparu et il n'y a plus de rapports entre ces deux amants.Au lieu de mots doux et de soupirs,le seul bruit dans la piéce est celui des voitures qui passent (en faisant le même bruit que les vagues)et des avions qui font vibrer les fenêtres.A la fin de la chanson,Jim déclare avec suffisance que cette "cold girl"(fille froide)pourrait bien le tuer a la nuit tombée.
'Cars hiss by my window' est la derniére chanson des Doors a venir de paroles que Jim avait écrites dans ses carnets de Venice.